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De clients de chambre d’hôte  qui se plaignent d’avoir trouvé des toiles d’araignées accrochées  au lustre et  du fait que  l’alèse en plastique faisait du bruit quand ils se retournaient dans le lit :

La toile d’araignée

La toile d’araignée ou le fil d’araignée est le produit du dur labeur d’un insecte, capable de faire le tour de la terre avec ses fils, lancés de place en place pour ses déplacements. Certaines araignées sont sédentaires, d’autres nomades . Les nomades sont hébergées dans des camps d’urgence, régulièrement détruits, par ailleurs. Les sédentaires font partie du décorum d’une vieille maison : elles ont une position hautement hiérarchique par rapport à leurs consoeurs dissimulées sous le plâtre du plafond qui lancent parfois des incursions plafonnières à grand renfort de pattes velues. Les araignées autorisées à tisser des toiles dans les chambres ont un statut légal. Elles sont soumises à la taxe d’habitation. Certaines d’entre elles, les grosses velues, manquent de discrétion dans leurs déplacements ; on peut déceler le bruit alerte de leurs huit jambes sur les murs ou les planchers. Elles peuvent être même accusées de tapage nocturne, dans le lourd silence d’une nuit séculaire. Elles se figent parfois au plafond, juste au-dessus de l’oreiller où votre tête repose, traumatisée par la vue du monstre hideux à deux pattes, lové dans une toile de coton tissée par une machine. La toile d’araignée est à la maison ce que la rosée est à l’herbe. Elle y pose, dans la douceur du matin, l’inaliénable fraîcheur de la maison sans cesse reconstruite malgré les attaques répétées des monstres à deux pattes qui détruisent le génial édifice destiné à attraper mouches et moustiques. »

Les alèses…

« Les alèses sont destinées à protéger les matelas et les hôtes des petits inconvénients que nos voyageurs propagent involontairement de place en place : mycose des pieds, mycose tout court, accident du cycle féminin, boisson renversée, fluides contaminés, herpes, éternuement avec fuite et post macération après séchage, indigestion, morpions, poux, tiques, sueurs et autres.

Dans la plupart des hôtels le drap est posé directement sur le matelas ; y compris des « trois étoiles ». Toute une vie grouille sous le mince épiderme que représente le drap, se développant avec délice dans les pores du Bultex, Latex, Durex et autres composants. Seuls les matelas Dunlopillo sont quasiment imperméables à toute contamination, car fabriqués à partir de pneus recyclés.

Comment se fait-ce que personne ne se soit jamais penché sur le problème de la propagation des germes via le matelas ? C’est une question essentielle dont il va falloir débattre et pour laquelle on a trouvé une solution temporaire : l’alèse.

Évidemment, il faut changer l’alèse avec le drap quand le client s’en va. Sinon le cycle infernal de propagation des germes du matelas passera directement sur l’alèse, laquelle a tendance – si elle est un peu large – à se coller avec le drap dans la raie de vos fesses, pour peu que vous ayez un peu transpiré.

Comme quoi il ne faut jamais coucher tout nu dans une chambre d’hôte ou un hôtel et encore moins y forniquer. Car, outre le fait d’y récolter quelqu’une des misères ci-dessus énumérées, les spermatozoïdes du client précédent – qui ont traversé le mince drap – peuvent remonter à une source ovarienne à laquelle ils n’ont pas été naturellement conviés.

 On s’étonne, ensuite, que des couples divorcent après leur lune de miel sur un matelas Latex, malgré avoir utilisé des préservatifs Durex ! »

Paul Mercusot, de retour après deux ans d’absence…