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Guide du savoir-vivre dans les réceptions à l’attention des messieurs.

– Ne pas mettre des pantalons trop longs et des chaussures vernies. Les pantalons qui « accordéonnent » sur les chaussures font plouc. L’effet est encore plus désastreux le pantalon est taillé près de la jambe. Ça fait fait jeune homme tout frais émoulu d’un BTS de commerce, qui a acheté son costume aux promos d’ Auchan.

– Ne pas détailler des dames. De dos ou de face, ça fait mauvais genre : le genre qui reluque les fesses ou les seins. Restez près des plus âgées. C’est plus galant, et ça vous permet de regarder les plus jeunes en vous penchant pour parler à l’oreille de votre interlocutrice.

– N’oubliez pas de vous laver les mains après avoir fait pipi. Les voisins d’ urinoir peuvent le répéter à l’envi.

– Évitez de rire fort. C’est vulgaire.

– Ne pas se gratter les fesses, même discrètement. Quant à remettre ses attributs en place parce que le « boxer » neuf a la couture qui pique : c’est encore plus  flagrant. Il faut serrer les cuisses l’une contre l’autre pour faire passer la couture sur le côté. C’est un peu acrobatique, mais plus élégant.

– Évitez de parler de votre psychanalyse. Le sujet risque de vous passionner mais d’ennuyer votre interlocuteur, surtout si c’est une femme.

– Ne pas étaler votre situation sociale et financière. Si vous êtes fauché vous vous ferez repérer d’emblée. Les vrais riches sont discrets.

– Ne pas fondre sur la plus belle femme : elle pensera que vous êtes le boulet de service.

– Ne pas accaparer les personnes en vue. On vous prendra pour un lèche-cul.

– Pensez à prendre un mouchoir. Si vous vous mouchez avec du papier toilette ou les serviettes de table de mémé, ça fait désordre.

– Évitez de manger des cacahuètes. Vous risquez de vous étouffer ou de postillonner.

– N’étalez pas votre culture. Les gens cultivés ne le montrent pas.

– Ne vous goinfrez pas. Ça fait pique-assiette.

– Ne passez pas de groupes en groupes pour vous mêler de leur conversation. Ça fait idiot de service.

Quand vous aurez évité tout ces pièges, vous pourrez peut-être utiliser le préservatif dans le fond de la poche de votre veste, celui qui est collé au chewing-gum et au cure-dent, avec la plus belle femme de la soirée…


Vers l’an  – 15 000 avant que Jésus ne crie  les hommes préhistoriques  se gelaient  les méninges et  les…  pieds. Ils passaient les affres du paléolithique supérieur enfermés dans les grottes pour éviter le froid polaire et les tempêtes de neige qui régnaient au dehors. Ils ne sortaient que pour chasser l’aurochs.  Certains badegouliens de l’ère Bagedouille,  précitée,  (à ne pas confondre avec l’air nigedouille)  avaient découvert qu’on pouvait tagger les murs pour tuer  le temps  et s’occuper  les mains. C’est ce que font nos taggers aujourd’hui.

Nos ancêtres s’étaient fadés le maximum glaciaire pendant près de 75 000 ans , en grelottant,  avant de passer à  l’art rupestre.

En l’an – 15 000,  l’homme avait inventé l’aiguille à chas, le crochet, le crachoir, le burin, et la bombe de peinture. On trouve, d’ailleurs, des vestiges de ces bombes dans les fouilles de Lascaux, France, Padah Lin, Birmanie, et autres sites mondialement réputés.

Dix sept mille ans plus tard  les mêmes tags  embellissent les mornes banlieues,  les murs d’usine,  les arches de ponts, les façades de maison.

Voici ce que dit la loi  sur l’amende encourue :

… ‘’Lorsqu’ils ne sont pas faits sur des supports autorisés, les graffitis constituent, pour le droit pénal français, une « destruction, une dégradation ou une détérioration volontaire d’un bien appartenant à autrui », qui est punie :

d’une contravention de 5e classe (1 500 euros ou plus) s’il n’en résulte qu’un dommage léger (Article R.635-1 du Code Pénal).

d’une amende pouvant atteindre 30 000 euros et d’une punition pouvant atteindre 2 ans d’emprisonnement dans les autres cas (Article 322-1 du Code Pénal).

L’article 322-1 du Code Pénal prévoit aussi que « le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Il est complété par l’article 322-2 qui prévoit que la sanction est relevée à 7 500 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général, lorsque, entre autres, « le bien détruit, dégradé ou détérioré est destiné à l’utilité ou à la décoration publiques et appartient à une personne publique ou chargée d’une mission de service public ‘’…

L’amende des taggers de Lascaux sera recalculée par le Conseil d’État. Elle dépasse le cadre traditionnel  puisque les auteurs ont dégradé un bien public. Le site  de Lascaux  appartient à la Dordogne, est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site est, par ailleurs,  fermé  au public depuis 1983.  On a trouvé  d’étranges similitudes entre  les graffitis trouvés sur les parois, chevaux, cerfs, félins,  et  les figurations pariétales  du fac-similé de Lascaux,  ouvert au public.  Les gendarmes de la brigade de recherche de Périgueux ont lancé un avis de recherche contre l’un des tagger,  surnommé Fumedubelge (en référence aux têtes de cannabis dont il ferait le trafic),  dont le portrait robot est publié dans la presse. Des indices probants,  comme des traces d’oxyde de manganèse et d’oxyde de fer,  ne laissent aucun doute sur les liens avec un groupuscule  de Tarnac en Corrèze, soupçonné d’avoir taggé  un TGV.  Ces indices seraient corroborés par la présence d’un champignon hallucinogène : le mycélium.

Paul Mercusot