Guide du savoir-vivre dans les réceptions à l’attention des messieurs.

– Ne pas mettre des pantalons trop longs et des chaussures vernies. Les pantalons qui « accordéonnent » sur les chaussures font plouc. L’effet est encore plus désastreux le pantalon est taillé près de la jambe. Ça fait fait jeune homme tout frais émoulu d’un BTS de commerce, qui a acheté son costume aux promos d’ Auchan.

– Ne pas détailler des dames. De dos ou de face, ça fait mauvais genre : le genre qui reluque les fesses ou les seins. Restez près des plus âgées. C’est plus galant, et ça vous permet de regarder les plus jeunes en vous penchant pour parler à l’oreille de votre interlocutrice.

– N’oubliez pas de vous laver les mains après avoir fait pipi. Les voisins d’ urinoir peuvent le répéter à l’envi.

– Évitez de rire fort. C’est vulgaire.

– Ne pas se gratter les fesses, même discrètement. Quant à remettre ses attributs en place parce que le « boxer » neuf a la couture qui pique : c’est encore plus  flagrant. Il faut serrer les cuisses l’une contre l’autre pour faire passer la couture sur le côté. C’est un peu acrobatique, mais plus élégant.

– Évitez de parler de votre psychanalyse. Le sujet risque de vous passionner mais d’ennuyer votre interlocuteur, surtout si c’est une femme.

– Ne pas étaler votre situation sociale et financière. Si vous êtes fauché vous vous ferez repérer d’emblée. Les vrais riches sont discrets.

– Ne pas fondre sur la plus belle femme : elle pensera que vous êtes le boulet de service.

– Ne pas accaparer les personnes en vue. On vous prendra pour un lèche-cul.

– Pensez à prendre un mouchoir. Si vous vous mouchez avec du papier toilette ou les serviettes de table de mémé, ça fait désordre.

– Évitez de manger des cacahuètes. Vous risquez de vous étouffer ou de postillonner.

– N’étalez pas votre culture. Les gens cultivés ne le montrent pas.

– Ne vous goinfrez pas. Ça fait pique-assiette.

– Ne passez pas de groupes en groupes pour vous mêler de leur conversation. Ça fait idiot de service.

Quand vous aurez évité tout ces pièges, vous pourrez peut-être utiliser le préservatif dans le fond de la poche de votre veste, celui qui est collé au chewing-gum et au cure-dent, avec la plus belle femme de la soirée…

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Depuis son vaisseau Google,  perdu au fin fond d’un univers qui n’existait que sous forme de SDK, Dieu fit appel à Kepler, un ange, pour programmer Eclipse; car il fallait bien créer quelque chose. Dieu s’emmerdait tout seul là haut et avait envie de s’amuser un peu. Il lança sa première application pour Android : Hello World ! De cette application naquirent les univers, les galaxies, les micro-ondes, les planètes, les smartphones, les aspirateurs et ainsi de suite. Mais, suite à un bug informatique, les univers se multiplièrent à l’infini et Dieu, bien avant que son fils, Jesus Christ, ne rencontre le même problème avec les petits pains, se trouva dépassé par ce qui semblait provenir d’une extension de menu.

Un virus infecta tout le système informatique du vaisseau et la vie apparût sur une planète sous forme de droïdes capables de se reproduire tout seuls.

Dieu inventa le XML afin d’ordonner un peu ce chaos. Mais cela ne fut pas suffisant. Dieu décida d’inventer le C++ et JavaScript ce qui engendra des périodes de végétation luxuriante mais aussi de glaciation suite à une erreur de packaging.

Dieu pensait avoir suffisamment compliqué les choses afin que personne ne puisse remarquer que son programme dysfonctionnait. Mais un hacker dissimulé dans un trou noir, apparut et créa un système parallèle avec une programmation diabolique et quasiment inviolable. Son nom était IOS, comme l’agent spécial du même acronyme.

Dieu embaucha Steve Jobs, un ange noir, lequel l’embrouilla avec une histoire de pomme. Dieu ne vit pas arriver le vaisseau du hacker, Xcode qui répandit les ténèbres sur le portail de l’univers en développement.

Dieu avait laissé l’enfer se créer.

Dans son infinie patiente, Dieu fit appel à d’autres anges, mais ceux-ci provoquèrent une pagaille monstre en créant les Windows phone, les Blackberry et autres.

A bout d’arguments, Dieu créa Phonegap, pensant que cela mettrait tout le monde d’accord. Mais les système alignèrent leur SDK en bataille rangée et Dieu baissa les bras.

C’est alors que lui vint une idée pour  domestiquer cette anarchie ; la religion. Dieu la créa, avec des variantes suivant les systèmes d’exploitation.   Il compila ses tutoriels  sous forme de chapitres et de versets et  leur donna le nom de bible, Torah, Coran et autres.

Ce fut un peu plus compliqué pour les droïdes orientaux, car ils avaient inventé un système d’écriture inaccessible  aux autres droïdes : les sinogrammes. Compiler les tutoriels, dont certains étaient écrits sur des carapaces  de tortue fut difficile. Dieu inventa le scanner,  Google Translator  et le moulin à prières.

Paul Mercusot


Ayant été sage toute ma vie, voici ce que je ferai quand j’aurai 80 ans :

J’irai dans les salons de thé, je m’empiffrerai de gâteaux à la crème et je partirai sans payer.
Je boirai le vin de messe en cachette et je jouerai de l’orgue bourrée.
Je picorerai les raisins sur l’étal du supermarché.
Je fumerai à table quand je serai invitée chez des non fumeurs.
J’énumérerai une liste interminable de maux chez le docteur afin de faire poireauter ceux qui attendent.
Je passerai devant tout le monde dans le files d’attente et je filerai des coups de canne à ceux qui râlent.
Je prendrai le « tégévé » sans réservation et je ferai semblant d’être sourde quand le contrôleur passera.
Je collerai mon chewing-gum sur les chaises des voisins et des bonbons sucés dans leur poche.
Je ferai des remarques à ceux qui achètent des préservatifs à la pharmacie.
J’irai au cinéma et je n’arrêterai pas de faire des commentaires à haute voix.
Je volerai  « L’Écho des Savanes » chez le marchand de journaux  et je le lirai pendant les réunions du secours catholique.
J’irai à l’opéra et je n’arrêterai pas de tousser. Accessoirement je me curerai le nez pendant les entractes (quand la salle est éclairée)
Je prendrai deux places assises dans le bus et je poserai mes pieds déchaussés sur le siège en face.

J’espionnerai les voisins à la longue vue et je les ferai chanter.

Je mangerai sur les bancs en laissant les papiers gras étalés sur le siège.
Je cracherai les noyaux d’olive sur les passants.
Je lancerai le gras de jambon aux enfants en leur susurrant : « mange, mon petit »
Je jetterai des boutons de culotte dans la sébile des SDF.
Je téléphonerai de chez les amis pour insulter les gendarmes.
Je ferai des chèques sans provision aux œuvres caritatives.

Je me teindrai les cheveux en vert et les ongles en bleu.
Je mettrai un T-Shirt noir avec « mort aux vaches » inscrit en rouge.
Je roulerai très lentement sur les nationales.
Je ralentirai devant les auto-stoppeurs pour accélérer aussitôt.
Je postillonnerai  au restaurant et me moucherai dans la serviette.

Paul Mercusot


De clients de chambre d’hôte  qui se plaignent d’avoir trouvé des toiles d’araignées accrochées  au lustre et  du fait que  l’alèse en plastique faisait du bruit quand ils se retournaient dans le lit :

La toile d’araignée

La toile d’araignée ou le fil d’araignée est le produit du dur labeur d’un insecte, capable de faire le tour de la terre avec ses fils, lancés de place en place pour ses déplacements. Certaines araignées sont sédentaires, d’autres nomades . Les nomades sont hébergées dans des camps d’urgence, régulièrement détruits, par ailleurs. Les sédentaires font partie du décorum d’une vieille maison : elles ont une position hautement hiérarchique par rapport à leurs consoeurs dissimulées sous le plâtre du plafond qui lancent parfois des incursions plafonnières à grand renfort de pattes velues. Les araignées autorisées à tisser des toiles dans les chambres ont un statut légal. Elles sont soumises à la taxe d’habitation. Certaines d’entre elles, les grosses velues, manquent de discrétion dans leurs déplacements ; on peut déceler le bruit alerte de leurs huit jambes sur les murs ou les planchers. Elles peuvent être même accusées de tapage nocturne, dans le lourd silence d’une nuit séculaire. Elles se figent parfois au plafond, juste au-dessus de l’oreiller où votre tête repose, traumatisée par la vue du monstre hideux à deux pattes, lové dans une toile de coton tissée par une machine. La toile d’araignée est à la maison ce que la rosée est à l’herbe. Elle y pose, dans la douceur du matin, l’inaliénable fraîcheur de la maison sans cesse reconstruite malgré les attaques répétées des monstres à deux pattes qui détruisent le génial édifice destiné à attraper mouches et moustiques. »

Les alèses…

« Les alèses sont destinées à protéger les matelas et les hôtes des petits inconvénients que nos voyageurs propagent involontairement de place en place : mycose des pieds, mycose tout court, accident du cycle féminin, boisson renversée, fluides contaminés, herpes, éternuement avec fuite et post macération après séchage, indigestion, morpions, poux, tiques, sueurs et autres.

Dans la plupart des hôtels le drap est posé directement sur le matelas ; y compris des « trois étoiles ». Toute une vie grouille sous le mince épiderme que représente le drap, se développant avec délice dans les pores du Bultex, Latex, Durex et autres composants. Seuls les matelas Dunlopillo sont quasiment imperméables à toute contamination, car fabriqués à partir de pneus recyclés.

Comment se fait-ce que personne ne se soit jamais penché sur le problème de la propagation des germes via le matelas ? C’est une question essentielle dont il va falloir débattre et pour laquelle on a trouvé une solution temporaire : l’alèse.

Évidemment, il faut changer l’alèse avec le drap quand le client s’en va. Sinon le cycle infernal de propagation des germes du matelas passera directement sur l’alèse, laquelle a tendance – si elle est un peu large – à se coller avec le drap dans la raie de vos fesses, pour peu que vous ayez un peu transpiré.

Comme quoi il ne faut jamais coucher tout nu dans une chambre d’hôte ou un hôtel et encore moins y forniquer. Car, outre le fait d’y récolter quelqu’une des misères ci-dessus énumérées, les spermatozoïdes du client précédent – qui ont traversé le mince drap – peuvent remonter à une source ovarienne à laquelle ils n’ont pas été naturellement conviés.

 On s’étonne, ensuite, que des couples divorcent après leur lune de miel sur un matelas Latex, malgré avoir utilisé des préservatifs Durex ! »

Paul Mercusot, de retour après deux ans d’absence…


Vers l’an  – 15 000 avant que Jésus ne crie  les hommes préhistoriques  se gelaient  les méninges et  les…  pieds. Ils passaient les affres du paléolithique supérieur enfermés dans les grottes pour éviter le froid polaire et les tempêtes de neige qui régnaient au dehors. Ils ne sortaient que pour chasser l’aurochs.  Certains badegouliens de l’ère Bagedouille,  précitée,  (à ne pas confondre avec l’air nigedouille)  avaient découvert qu’on pouvait tagger les murs pour tuer  le temps  et s’occuper  les mains. C’est ce que font nos taggers aujourd’hui.

Nos ancêtres s’étaient fadés le maximum glaciaire pendant près de 75 000 ans , en grelottant,  avant de passer à  l’art rupestre.

En l’an – 15 000,  l’homme avait inventé l’aiguille à chas, le crochet, le crachoir, le burin, et la bombe de peinture. On trouve, d’ailleurs, des vestiges de ces bombes dans les fouilles de Lascaux, France, Padah Lin, Birmanie, et autres sites mondialement réputés.

Dix sept mille ans plus tard  les mêmes tags  embellissent les mornes banlieues,  les murs d’usine,  les arches de ponts, les façades de maison.

Voici ce que dit la loi  sur l’amende encourue :

… ‘’Lorsqu’ils ne sont pas faits sur des supports autorisés, les graffitis constituent, pour le droit pénal français, une « destruction, une dégradation ou une détérioration volontaire d’un bien appartenant à autrui », qui est punie :

d’une contravention de 5e classe (1 500 euros ou plus) s’il n’en résulte qu’un dommage léger (Article R.635-1 du Code Pénal).

d’une amende pouvant atteindre 30 000 euros et d’une punition pouvant atteindre 2 ans d’emprisonnement dans les autres cas (Article 322-1 du Code Pénal).

L’article 322-1 du Code Pénal prévoit aussi que « le fait de tracer des inscriptions, des signes ou des dessins, sans autorisation préalable, sur les façades, les véhicules, les voies publiques ou le mobilier urbain est puni de 3 750 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général lorsqu’il n’en est résulté qu’un dommage léger.

Il est complété par l’article 322-2 qui prévoit que la sanction est relevée à 7 500 euros d’amende et d’une peine de travail d’intérêt général, lorsque, entre autres, « le bien détruit, dégradé ou détérioré est destiné à l’utilité ou à la décoration publiques et appartient à une personne publique ou chargée d’une mission de service public ‘’…

L’amende des taggers de Lascaux sera recalculée par le Conseil d’État. Elle dépasse le cadre traditionnel  puisque les auteurs ont dégradé un bien public. Le site  de Lascaux  appartient à la Dordogne, est classé au patrimoine mondial de l’Unesco. Le site est, par ailleurs,  fermé  au public depuis 1983.  On a trouvé  d’étranges similitudes entre  les graffitis trouvés sur les parois, chevaux, cerfs, félins,  et  les figurations pariétales  du fac-similé de Lascaux,  ouvert au public.  Les gendarmes de la brigade de recherche de Périgueux ont lancé un avis de recherche contre l’un des tagger,  surnommé Fumedubelge (en référence aux têtes de cannabis dont il ferait le trafic),  dont le portrait robot est publié dans la presse. Des indices probants,  comme des traces d’oxyde de manganèse et d’oxyde de fer,  ne laissent aucun doute sur les liens avec un groupuscule  de Tarnac en Corrèze, soupçonné d’avoir taggé  un TGV.  Ces indices seraient corroborés par la présence d’un champignon hallucinogène : le mycélium.

Paul Mercusot