A l’attention des malheureux qui se seraient égarés sur mon blog, je fais feu de tout bois, même (et surtout) de celui des maillets…
“Le rite écossais ancien et accepté propose une démarche initiatique qui s’appuie sur la progression intellectuelle éthique et spirituelle.”
En gros cela signifie que la démarche initiatique s’appuie sur un vocabulaire incompréhensible du commun des mortels, tiré de manuels opaques, mais qui doivent mener à la connaissance et à la lumière. C’est aussi le cas des messes en latins, des discours politiques, des cours de philosophie, du jargon psychanalytique. La maçonnerie est souvent à la philosophie ce que Mennie Grégoire était à la psychologie (mais il y a cependant des exceptions). Un discours parfois bon marché servi dans un emballage coûteux. Quant à l’éthique, elle est extensible. On peut présenter une planche (travail écrit) sur la pauvreté dans le monde avec dix mille euros de bijoux autour du cou et des poignets, et la certitude d’avoir laissé ses “bijoux à la porte du temple”…
“Les frères pratiquant le REAA travaillent à la gloire du grand architecte de l’Univers.” Le grand architecte de l’univers est un terme vague qui peut englober Dieu, dans certaines loges déistes, comme la GLNF où on prête serment sur la bible, le coran, la torah.
“Conformément aux traditions, trois grandes lumières sont placées à l’autel des loges.”
L’autel des loges est une tribune où siègent, devant un pupitre, le vénérable, le secrétaire et l’orateur, qui ne sont pas forcément des lumières au sein de la loge. Mais la franc-maçonnerie est une société qui s’oblige à la démocratie. Bien malgré elle, elle aimante les “crétinus impudicus” qui s’épanouissent en loge, comme l’agaricus dans une cave, ou la chtouille dans les lupanars. Pis ! Elle leur donne des responsabilités, en espérant que le rite, qui réglemente la parole au sein d’une loge, les empêchera de dire des conneries. En théorie : en pratique on a inventé le maillet, qu’on frappe sur le pupitre pour les faire taire. Et comme on doit rester poli dans une loge, au lieu de leur balancer “tais-toi tu nous gonfles” on “maillette” et on leur susurre : “mon frère ton temps de parole est terminé”. Il y a quand même des exceptions : lorsque des frères ou des soeurs visiteurs, c’est-à-dire envoyés par une autre loge, il faut faire attention à ne pas froisser les susceptibilités et leur balancer le maillet sur la tête quand ils soliloquent pendant vingt minutes. En principe les visiteurs sont les casse-pieds de service, que leur loge mère fourgue chez les copains, histoire de souffler une soirée .
L’équerre, le compas, le livre de la loi sacrée :
Ce sont les symboles des trois lumières, sur lesquels les apprentis et les compagnons doivent plancher (écrire leur perception philosophique et spirituelle de ces objets et la lire devant les autres membres) avant de s’élever au grade de maître où on a gagné le droit de se reposer et de ne lire que les pages du rituel. C’est une bonne thérapie pour les timides, et pour le self-contrôle. Il ne faut pas éclater de rire en écoutant ces planches, et se souvenir qu’on est passé par ces fourches caudines, affirmé les mêmes âneries. Quant au livre de la loi sacrée, certaines loges, comme la GNLF, ont décidé qu’il serait religieux. Vu la moyenne d’âge, qui est de 80 et quelques printemps, cela peut s’expliquer. Au GODF le livre est composé de pages blanches, et il est interdit d’y dessiner la caricature du vénérable, les numéros de téléphone des jeunes sœurs, de dénoncer son frère qui se gratte les fesses sur les colonnes ou met les doigts dans son nez.
Paul Mercusot
Phrases en gras extraites d’un blog de la GLNF
http://reea.kazeo.com/Le-rite-ecossais-ancien-et-accepte,r86254.html