Nous vivons dans une société de vieux et le marché de la mort implose. Les quinquagénaires comme moi, qui glissent vers les années sexygénaires, ne vont tarder à faire partie de la deuxième vague de vieux qui vont vivre longtemps et coûter cher. De quoi s’arracher les cheveux pour le gouvernement, mais une manne pour les marchands de contrats-obsèques, de couches-culotte 3e âge, d’escaliers aménagés de camping-car de VTT électriques, de jeux électroniques pour tester sa mémoire, de viagra et de préservatifs à baleines (pas des préservatifs pour les baleines, mais avec des baleines, comme les soutiens-gorge et les parapluies). Et comme nos retraités ont arrêté le tabac et les pétards, les cuites au bordeaux, il pètent la forme et consomment même du sexe et ses produits déridés : boîtier skoda, catalogue Adam et Eve, etc…
La mort a fait l’objet d’une émission sur France 2 hier au soir – complément d’enquête – dont le titre est : « réussir sa mort ».
Parmi les sujets d’hiver et avariés qui ont été abordés, l’incinération avec tous les détails. L’entrée du cercueil la bouche du dragon, et la sortie , en granulés, dans une pelle, les pompes funestes proposent, d’ailleurs, de recycler les ISF (incinérés sans famille) en litière pour chat.
Et puis, comme un cheveu sur la soupe, un petit encart sur la Corée du Sud qui motive ses troupes de cadres en organisant des séminaires autour de leur mort et enterrement bidon : mise en bière et fermeture du cercueil incluse. Ceci pour leur rappeler qu’il vaut mieux vivre pour leur entreprise que de mourir pour de vrai. France Telecom, et Peugeot, face a la recrudescence de suicides chez les cadres, ont détourné le concept. Les cercueils sont installés en permanence sous des fenêtres, pour les cas de défénestration et les réunions d’entreprise se tiennent au funérarium. La poste n’ayant rien à envier à France-Telecom dans le registre des suicides, a décidé de commercialiser le contrat-obscène : le contrat qui offre 25 % du capital en plus à celui qui meurt avant ses 20 ans d’ancienneté…
Paul Mercusot
PS : je précise que, d’après Wikipédia, le mot cacherouth (à ne pas confondre avec casse-croûte) est utilisé pour les aliments dérivés d’animaux abattus d’après un rituel : les nouvelles méthodes de management sont décidément cacherouth…
Un petit coup de Donna Summer pour redonner le moral…
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