Les tribulations d’un dindon anglais en France

25 06 2009

dindonsAvec le printemps, nos anglais qui hibernent dans leurs contrées sont revenus en France : telles les hirondelles. Le vétéran de l’armée anglaise, qui draguait la française à la terrasse d’un café, est venu prendre un repas là où il avait déjà sévit l’année précédente. Je m’assois à la table voisine, intéressée par l’évolution de sa rhétorique. Je suis la seule femme à l’horizon cette heure de la journée il n’est pas encore suffisamment ivre pour me confondre avec un « fish and chips ». La conversation s’engage sur sa récente séparation. On se demande pourquoi l’épouse est partie… Le cœur à prendre a laissé sa femme, Churchill et la grande guerre au vestiaire. Nonobstant, la solitude lui pèse. Il est à la recherche d’une âme sœur pour les mois d’été. Quoi que bien décati, il ne doute pas du résultat. Il avance donc l’argument imparable : sa maison. On apprend que le monsieur est propriétaire, met à disposition d’une future compagne, sa berge (pas sa verge, mauvaises langues !) sur la Dronne, ses 2000 hectares, et sa propriété de 250 mètres carrés avec trois chambres et deux salles de bains. Apitoyée par la détresse de ce pauvre homme, je vais donc lui passer une annonce sur salegosse :
« Homme élégant, la soixantaine, cherche compagnie féminine (pas régiment) pour tendresse réciproque, dans superbe propriété en bord de Dronne. Salves et lever du drapeau à l’aube, concomitant au chant de la première bouteille débouchée».
Il n’a pas précisé comment la compagnie doit s’acquitter de la tendresse. Faut-il lui lire Shakespeare en version originale, se déguiser en soubrette, lui faire la cuisine ? S’il y a des candidates, vous pouvez m’envoyer un email, que je ferai suivre au digne citoyen de la vieille Angleterre.
Paul Mercusot