La chaussure sado-maso

16 03 2009

Je ne savais pas que cela existait mais je l’ai trouvé en critère de recherche sur mon blog. Qu’est-ce que c’est qu’une chaussure sado-maso ? Une taille 36 pour un pied de 38 ? Une botte dans laquelle on a mis du poil à gratter ? Un escarpin sans talon ? Des chaussures cloutées avec les clous à l’intérieur ? Une « basket » d’occase revendue par quelqu’un qui puait des pieds ? Des chaussures de cyclisme ? Les « clarks » des années 70 ? Des bottes de ski de piste ? Des patins à roulettes ?  Des rollers ? Des chaussures à semelle compensée ? Des bottes orthopédiques ? Des sabots de jardin ?  On pourrait peut-être demander un avis à l’écrit-vaine Catherine Robbe Grillet. Son ex-agronome de mari, et elle, étaient des spécialistes dans ce domaine. Ils y ont consacré leur vie, en ont tiré des romans qui ont fait un tabac auprès des soixantehuitards. Catherine et Alain s’emmerdaient tellement qu’ils ne savaient plus quoi inventer pour ajouter du piment à leur quotidien. Ils ne manquaient pourtant pas d’imagination. Au petit déjeuner, épilation des poils pubiens à la cire bouillante, suivi d’un bain glacé, dans une baignoire entourée de draperies noires. Chacun attachait l’autre nu sur sa chaise pour lui faire avaler du café bouillant avec un entonnoir. Les biscottes étaient émiettée et soufflées dans le larynx. Après un quart d’heure de quinte de toux et un litre d’eau de vie, ils se tartinaient mutuellement de beurre et de confiture. Alain et Catherine allumaient ensuite un bon pétard qui leur donnait l’inspiration nécessaire à leurs écritures. Leurs soirées étaient consacrées aux partouzes qu’ils décrivaient sur des centaines de pages imprimées par les Éditions de Minuit. Les joyeuses orgies étaient organisées au cimetière du Père Lachaise, qui offrait un panel varié de cryptes où ils pouvaient se rouler sur des éclats de vitraux. Catherine officiait nue, la tête recouverte d’un voile noir. Elle est d’ailleurs apparue dans cette tenue sur un plateau de télévision. Alain restait habillé, afin que les nymphes qui le courtisaient (Vassiliu en a tiré quelques vers « qui entendent sciences occultes et comprennent érotisme ») se pâment de désir devant le maître. Quand elles s’étaient roulées à ses pieds, qu’elles avaient mangé les chrysanthèmes en plastique, bu l’eau des vases mortuaires, le maitre les autorisait à baiser ses chaussures. De là vient peut-être le critère de recherche « chaussure sado-maso ». En vieillissant, ils eurent quelques difficultés à faire le mur du cimetière. Ils optèrent pour les chapelles de maison de retraite, équipées de rampe d’accès handicapés. Alain Robbe Grillet est officiellement mort. En réalité il se cache dans un hospice du Sud Ouest où on l’a surnommé Pépé le Moko.

http://salegosse.wordpress.com/2008/08/17/dronne-et-belle-insolite-google1657122dd97da55ahtml/

pepe-le-moko

Quant à Catherine elle finit ses jours dans l’hôpital psychiatrique dont elle s’était évadée à dix-huit ans.

Paul Mercusot


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